Maracas colorées lors d'une fête, à l'image de la musique colombienne
Culture

La cumbia et la musique colombienne

De la cumbia au reggaeton : les genres, les danses et les artistes qui font vibrer la Colombie.

La cumbia et la musique colombienne sont indissociables de l'identité du pays. En Colombie, la musique est partout : dans la rue, les bus, les fêtes de quartier. De la cumbia traditionnelle aux tubes planétaires de Shakira et J Balvin, tour d'horizon des rythmes, des danses et des artistes qui font l'âme sonore de la Colombie.

La cumbia, l'âme de la Colombie

La cumbia est le genre le plus emblématique de la Colombie. Née sur la côte caraïbe, elle est le fruit d'un magnifique métissage : le rythme des tambours africains, les flûtes indigènes (les gaitas) et des apports espagnols dans la mélodie et le costume.

Ses instruments traditionnels racontent cette histoire : la gaita (une flûte amérindienne), la tambora et le tambour alegre, les maracas et la guacharaca. Ensemble, ils produisent ce rythme lancinant et chaloupé, impossible à écouter sans bouger.

Si la cumbia s'est ensuite répandue dans toute l'Amérique latine (Mexique, Argentine, Pérou…), chacun l'adaptant à sa sauce, son berceau reste bien colombien. C'est une fierté nationale, célébrée dans les grands carnavals comme celui de Barranquilla.

On distingue d'ailleurs deux visages de la cumbia. La cumbia traditionnelle, purement instrumentale et dansée, reste jouée par des ensembles comme Los Gaiteros de San Jacinto. La cumbia moderne, elle, ajoute des paroles, des cuivres et des orchestres complets. C'est cette version qui a fait connaître le genre au monde entier dans les années 1950 et 1960, avec des standards immortels comme « La Pollera Colorá », que tout Colombien connaît par cœur.

Comment danser la cumbia ?

La cumbia est avant tout une danse de couple, et une danse de séduction. Le pas de base est un mouvement glissé et ondulant : on avance à petits pas traînés, le buste souple, en suivant le balancement du rythme. Rien de très technique, tout est dans l'attitude et la sensualité.

Dans sa version folklorique, la mise en scène est superbe : la femme, en longue jupe colorée (la pollera), la fait tourner et onduler, tandis que l'homme, chapeau (sombrero vueltiao) et foulard rouge, la courtise en tournant autour d'elle, souvent une bougie allumée à la main. Cette bougie, héritage des veillées d'antan, éclaire la danseuse et symbolise la cour amoureuse.

Pas besoin d'être un danseur confirmé pour s'y essayer. Les Colombiens dansent dès l'enfance et accueillent toujours avec bienveillance un étranger qui se lance. Le secret : ne pas trop réfléchir, garder les genoux souples et se laisser porter par le tambour. Lors des fêtes de village sur la côte, on vous entraînera vite sur la piste, et c'est souvent le meilleur souvenir d'un voyage.

Le vallenato

Autre grand pilier, le vallenato vient du nord du pays, autour de Valledupar. Il s'articule autour de trois instruments : l'accordéon (importé d'Europe et devenu roi), la caja (un petit tambour) et la guacharaca (un racloir). C'est une musique de conteurs, où les paroles racontent des histoires d'amour, de terroir et de vie quotidienne.

Longtemps considéré comme une musique populaire, le vallenato est aujourd'hui adoré dans tout le pays et a été porté à l'international par Carlos Vives. Il est même inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, preuve de son importance culturelle.

Le vallenato se décline en quatre rythmes (le son, le paseo, le merengue et la puya), chacun avec son tempo et son ambiance. Si vous voyagez dans la région de Valledupar ou de Santa Marta, vous l'entendrez partout, des bus aux terrasses. Des artistes contemporains comme Silvestre Dangond le maintiennent bien vivant auprès des jeunes générations.

La salsa

Si la salsa n'est pas née en Colombie, le pays se l'est totalement appropriée, au point que Cali se proclame « capitale mondiale de la salsa ». Le style caleño se distingue par un jeu de jambes ultra rapide et acrobatique, unique au monde. La ville vit au rythme des salsothèques et de son festival annuel. On vous emmène danser dans notre guide de Cali, la capitale de la salsa. Des orchestres colombiens comme Grupo Niche ou Joe Arroyo comptent parmi les grands noms du genre.

La champeta et le currulao

Plus méconnus mais tout aussi vibrants, ces deux genres sont profondément afro-colombiens. La champeta est née dans les quartiers populaires de Carthagène et de la côte caraïbe, influencée par les musiques africaines : un son électrique, urbain et festif, roi des picós (les gros sound-systems).

Le currulao, lui, vient de la côte pacifique. Porté par la marimba de chonta (un xylophone en bois) et des tambours, c'est une musique envoutante, ancrée dans les communautés afro-descendantes du Chocó et du Cauca, elle aussi reconnue par l'UNESCO.

Reggaeton, pop et stars mondiales

La Colombie n'est pas qu'un musée du folklore : c'est aujourd'hui l'une des plus grandes puissances musicales du monde latino. Medellín est même devenue une capitale du reggaeton.

Les stars colombiennes règnent sur les charts planétaires : Shakira, la pionnière de Barranquilla, J Balvin et Maluma, figures du reggaeton, et Karol G, l'une des artistes les plus écoutées au monde. Sans oublier Carlos Vives, qui a modernisé le vallenato. Autant dire que la musique colombienne s'écoute désormais partout sur la planète.

Ce qui rend la scène colombienne unique, c'est le pont permanent entre tradition et modernité. Les artistes actuels puisent sans complexe dans la cumbia, le vallenato ou la champeta pour les fondre dans la pop mondiale. Shakira glisse des accordéons vallenato dans ses tubes, Carlos Vives mélange folklore et rock, et une nouvelle génération (Bomba Estéreo, Monsieur Periné) réinvente les sons ancestraux avec des machines. Écouter la musique colombienne, c'est donc entendre tout un pays qui dialogue avec son histoire.

Où écouter la musique colombienne en live

Rien ne vaut un concert ou un festival pour ressentir cette musique. La Colombie en organise toute l'année, et caler son voyage sur l'un d'eux transforme un séjour. Voici les rendez-vous à ne pas manquer :

Carnaval de Barranquilla

Février ou mars

Le deuxième plus grand carnaval du monde après Rio, et un patrimoine UNESCO. Cumbia, mapalé et fanfares envahissent la ville quatre jours durant.

Festival Petronio Álvarez

Août, à Cali

Le grand rendez-vous des musiques du Pacifique : currulao, marimba et chants afro-colombiens. Une immersion rare dans cette culture.

Festival de la Leyenda Vallenata

Avril ou mai, à Valledupar

Le temple du vallenato, où s'affrontent les meilleurs accordéonistes du pays pour le titre de roi.

Feria de Cali

Fin décembre

Une semaine de salsa non-stop dans la capitale mondiale du genre, avec défilés d'orchestres et salsodromo.

Au quotidien, la musique se vit aussi dans les salsothèques de Cali, les bars de Carthagène et les fêtes de quartier partout dans le pays. Pour préparer votre séjour, jetez un œil à nos destinations en Colombie.

Une playlist pour découvrir la Colombie

Envie de vous plonger dans les sons du pays ? Voici quelques pistes par genre pour composer votre playlist colombienne :

Cumbia

« La Pollera Colorá », Totó la Momposina, Los Gaiteros de San Jacinto

Vallenato

Carlos Vives (« La Gota Fría »), Diomedes Díaz, Silvestre Dangond

Salsa

Grupo Niche, Joe Arroyo, Fruko y sus Tesos

Champeta

Charles King, Mr Black, Kevin Flórez

Currulao

Grupo Bahía, Herencia de Timbiquí

Pop et reggaeton

Shakira, J Balvin, Karol G, Maluma

Un dernier conseil : la meilleure façon de découvrir cette musique, c'est en direct. Un concert de vallenato, une soirée salsa à Cali ou un carnaval sur la côte valent toutes les playlists du monde. Retrouvez d'autres facettes du pays sur notre pilier culture colombienne.

Questions fréquentes sur la musique colombienne